Panneaux solaires : perdants dans les 101 départements, jusqu'à 4 000 €
Surplus à 1,1 centime, prime supprimée : 3 kWc perdent de l'argent sur 20 ans partout, de 1 660 € à Marseille à 4 092 € dans la Meuse. Ce qui change le verdict.
Pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026, le surplus d'une installation photovoltaïque est racheté 1,1 centime le kilowattheure, et la prime à l'autoconsommation a disparu. Nous avons passé une installation standard de 3 kWc dans les 101 départements, avec l'ensoleillement de chacun. Résultat : sur 20 ans, elle perd de l'argent partout. Pas « presque partout ». Partout, de 1 660 € dans les Bouches-du-Rhône à 4 092 € dans la Meuse.
Le ticket
*** VOTRE ADDITION SUR 20 ANS ***
| Poste | Panneaux solaires | Sans panneaux |
|---|---|---|
| Installation | 7 500 | 0 |
| Remplacement de l'onduleur | 1 000 | 0 |
| Électricité achetée | 13 169 | 18 144 |
| Revente du surplus | −504 | 0 |
| Total | 21 165 | 18 144 |
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Dans le Rhône, les panneaux coûtent 7 500 € posés, plus 1 000 € d'onduleur à remplacer la 12e année. Ils évitent d'acheter 4 975 € d'électricité en 20 ans (13 169 € au lieu de 18 144 €) et le surplus revendu rapporte 504 €. Total avec panneaux : 21 165 €. Sans : 18 144 €. Perte : 3 021 €.
La carte
Sans panneaux, la facture est la même partout : 18 144 €. Avec, elle dépend du soleil :
| Département | Production (kWh par kWc) | Avec panneaux | Perte sur 20 ans |
|---|---|---|---|
| Bouches-du-Rhône | 1 538 | 19 804 € | 1 660 € |
| Martinique | 1 537 | 19 808 € | 1 664 € |
| Vaucluse | 1 486 | 20 035 € | 1 891 € |
| Var | 1 482 | 20 053 € | 1 909 € |
| Alpes-Maritimes | 1 455 | 20 173 € | 2 029 € |
| Hérault | 1 437 | 20 253 € | 2 109 € |
| Rhône | 1 232 | 21 165 € | 3 021 € |
| Gironde | 1 223 | 21 205 € | 3 061 € |
| Paris | 1 099 | 21 756 € | 3 612 € |
| Nord | 1 032 | 22 054 € | 3 910 € |
| Meuse | 991 | 22 236 € | 4 092 € |
De la Meuse aux Bouches-du-Rhône, le soleil divise la perte par deux et demi ; il ne l'efface pas. Avec l'ancien barème (prime de 80 € par kWc, surplus à 4 centimes), Marseille gagnait 240 € et Lyon perdait 1 451 €. La réforme a fait passer tout le monde du mauvais côté.
Pourquoi : 35 % de la production, c'est tout ce qui compte
Une installation ne rapporte que par l'électricité qu'elle vous évite d'acheter. À 35 % de la production, le reste part sur le réseau à 1,1 centime : 504 € en 20 ans, la moitié du prix d'un onduleur. Les deux tiers de ce que vos panneaux produisent ne rapportent presque plus rien.
Ce qui change le verdict, par ordre d'efficacité
Autoconsommer plus. C'est le levier numéro un. À 70 % (ballon d'eau chaude programmé le jour, lave-linge, voiture électrique rechargée à midi), Marseille gagne 4 213 €, Lyon 1 683 €, Lille fait match nul. À 50 %, Marseille gagne 857 € et Lyon perd encore 1 005 €.
Payer moins cher. À 2 000 € par kWc au lieu de 2 500, Marseille passe au match nul. À 1 500 €, elle gagne 1 340 € et Lyon fait match nul. Le prix posé est le second levier, et il se négocie.
Parier sur la hausse de l'électricité. Le ticket la suppose stable. À 3 % par an, Marseille gagne 433 € à la vingtième année, Lyon perd encore 1 344 €, Lille 2 506 €. Ce pari seul ne suffit que dans les Bouches-du-Rhône et en Martinique ; le Var et le Vaucluse arrivent au match nul.
Tout cumuler. 2 000 € par kWc, 50 % d'autoconsommation et 3 % de hausse par an : Marseille gagne 5 347 € (rentable la 13e année), Lyon 2 890 € (16e année), Lille 1 285 € (18e année). C'est à ce genre de conditions que des panneaux redeviennent un placement.
Le solaire n'est pas mort. Il est devenu un projet d'autoconsommation, pour des gens qui consomment le jour et négocient le prix. Choisissez votre département, réglez l'autoconsommation et le prix posé : le ticket dit à quelle année, s'il y en a une, vous rentrez dans vos frais.