EURL, SASU ou portage salarial : l'addition
Tarifs à jour au 1er octobre 2026 · Sources
*** VOTRE ADDITION SUR 5 ANS ***
| Poste | EURL | SASU | Portage |
|---|---|---|---|
| Cotisations sociales | 102 259 | 148 507 | 144 942 |
| Impôt sur le revenu | 26 875 | 14 388 | 10 409 |
| Impôt sur les sociétés | 0 | 0 | 0 |
| Flat tax sur les dividendes | 0 | 0 | 0 |
| Expert-comptable | 7 500 | 7 500 | 0 |
| Frais de la société | 3 000 | 3 000 | 0 |
| Frais de gestion | 0 | 0 | 28 800 |
| Total | 139 634 | 173 395 | 184 152 |
| Dans la poche | 200 366 | 166 605 | 155 848 |
Moins cher dèsl'année 1
Meilleur choix : EURL
33 761 € de plus dans la poche sur 5 ans, devant SASU
✓ EURL
33 761 € de plus
Comment on calcule
Ce que nous comparons
Vous facturez des missions en freelance. Sur la même facture, nous additionnons tout ce qui est prélevé entre ce que paie votre client et ce qui arrive dans votre poche, dans trois statuts :
- EURL : une société à associé unique, à l'impôt sur les sociétés, sur option, dont vous êtes le gérant majoritaire. Travailleur non salarié, vous cotisez à la Sécurité sociale pour les indépendants sur votre rémunération.
- SASU : une société par actions simplifiée à associé unique, dont vous êtes le président. Assimilé salarié, vous avez une fiche de paie, avec des cotisations patronales et salariales, sans assurance chômage.
- Portage : une société de portage salarial encaisse vos factures, garde des frais de gestion et vous verse le reste en salaire. Vous êtes salarié, assurance chômage comprise, sans société à gérer.
Par défaut, vous facturez 72 000 € hors taxes par an (400 € par jour pendant 180 jours), vous dépensez 4 000 € de frais professionnels et vous vous versez tout en rémunération. Après les cotisations et l'impôt sur le revenu, il vous reste 40 073 € par an en EURL, 33 321 € en SASU et 31 170 € en portage. Sur 5 ans, l'EURL prélève 33 761 € de moins que la SASU.
Trois statuts, trois façons de se payer
En EURL et en SASU, la société encaisse le chiffre d'affaires et paie vos frais professionnels, l'expert-comptable (1 500 € par an) et ses propres frais : cotisation foncière des entreprises, banque, greffe (600 €). Il reste un résultat de 65 900 €, que vous partagez entre rémunération et dividendes avec le curseur.
- En EURL, votre rémunération et vos cotisations sortent de ce résultat. Avec des cotisations de 45 % de votre rémunération nette, les 65 900 € vous font 45 448 € nets et 20 452 € de cotisations. Les dividendes paient l'impôt sur les sociétés ; la part qui dépasse 10 % du capital social paie aussi vos cotisations (article L. 131-6 du code de la sécurité sociale). Ces cotisations, la société les paie et les déduit de son résultat avant l'impôt sur les sociétés, ce qui réduit les dividendes, donc les cotisations elles-mêmes : le calculateur résout ce bouclage. Au-delà de la franchise, les dividendes paient ensuite 12,8 % d'impôt sur le revenu ; dans la franchise, la flat tax entière (prélèvement forfaitaire unique, PFU).
- En SASU, le même résultat paie un salaire brut et ses cotisations patronales, 42 % du brut ; les cotisations salariales, 22 % du brut, sont retenues sur la fiche de paie. Les 65 900 € font 46 408 € bruts et 36 199 € nets : 29 701 € de cotisations. Les dividendes ne paient pas de cotisations : l'impôt sur les sociétés, puis la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, d'après impots.gouv.fr).
- En portage, la société de portage garde ses frais de gestion, 8 % du chiffre d'affaires, soit 5 760 €, et vous rembourse vos 4 000 € de frais. Les 62 240 € qui restent paient votre salaire et ses cotisations : nous prenons les mêmes taux qu'en SASU, plus l'assurance chômage patronale, 4 % du brut. En réalité, le salarié porté ouvre droit aux allègements généraux de cotisations sur les bas et moyens salaires, pas le président de SASU : notre hypothèse surestime les cotisations du portage, de l'ordre de 1 000 € par an au salaire de l'exemple, davantage si les taux réduits maladie et famille s'appliquent aussi : de quoi rapprocher le portage de la SASU, voire le faire passer devant. Vérifiez avec la simulation écrite de la société de portage. Votre salaire est de 42 630 € bruts, 33 252 € nets ; les cotisations prennent 28 988 €.
L'impôt sur les sociétés est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (service-public.gouv.fr, fiche F23575). L'impôt sur le revenu se calcule sur la rémunération nette, après la déduction forfaitaire de 10 %, d'au moins 509 € et d'au plus 14 555 € (fiche F1989), au barème 2026 : rien jusqu'à 11 600 €, puis 11 %, 30 %, 41 % et 45 % (fiche F1419), avec la décote des petits impôts (BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-20-30). Par défaut, il est de 5 375 € par an en EURL, 2 878 € en SASU et 2 082 € en portage.
Comment lire le ticket
Chaque colonne additionne ce qui est prélevé dans un statut, sur toute la durée choisie : les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et la flat tax si vous prenez des dividendes, l'expert-comptable et les frais de la société pour l'EURL et la SASU, les frais de gestion pour le portage. Les sept postes sont toujours imprimés, à zéro quand ils ne s'appliquent pas : sans dividendes, l'impôt sur les sociétés et la flat tax restent à 0, mais vous voyez qu'ils sont comptés. Le moins cher est le statut qui vous laisse le plus : ce qu'il vous reste, c'est le chiffre d'affaires, moins vos frais, moins le total de la colonne. La ligne « Dans la poche », sous le total, fait cette soustraction pour vous, sur toute la durée.
Chaque année coûte la même chose : le chiffre d'affaires, les taux et le barème restent ceux d'aujourd'hui. Le statut le moins cher l'est donc dès la première année, et le ticket dit « l'année 1 ». Le verdict nomme le meilleur choix, ce qu'il vous laisse en plus dans la poche, et celui qu'il devance : par défaut, l'EURL, devant la SASU, de 6 752 € par an, soit 33 761 € de plus sur 5 ans ; avec nos taux, le portage arrive dernier.
Le curseur des dividendes resserre l'écart sans l'inverser. À 50 % du résultat en dividendes, il vous reste 37 312 € par an en SASU, contre 39 878 € en EURL, où les dividendes au-delà de 10 % du capital paient vos cotisations, déduites avant l'impôt sur les sociétés. La SASU ne rattrape l'EURL qu'à 80 % : les deux sociétés font alors jeu égal, à 80 € par an près, et le ticket dit « match nul ». La colonne du portage ne bouge pas : un salarié porté ne touche pas de dividendes.
Ce que l'écart achète
Les cotisations ne sont pas perdues : elles achètent des droits, et pas les mêmes selon le statut. Le président de SASU et le salarié porté cotisent comme des salariés, retraite complémentaire Agirc-Arrco comprise, sur un salaire brut : à résultat égal, ce sont eux qui ouvrent en général le plus de droits à la retraite. Le salarié porté est le seul à cotiser à l'assurance chômage : à la fin d'une mission sans suite, il peut être indemnisé. Le gérant d'EURL cotise moins, ouvre en général moins de droits à la retraite, et n'a pas d'assurance chômage.
Les dividendes de la SASU, et ceux de l'EURL jusqu'à 10 % du capital, n'ouvrent aucun droit : ni retraite, ni indemnités journalières en cas d'arrêt ; au-delà, les dividendes du gérant d'EURL paient des cotisations et ouvrent les mêmes droits que sa rémunération. Le calculateur compte ce qui est prélevé ; ce que ces prélèvements vous rendront un jour dépend de toute votre carrière, et nous ne le chiffrons pas.
Ce que nous ne comptons pas
Nous comptons un foyer d'une part, sans autre revenu : un couple, des enfants ou les revenus d'un conjoint changent l'impôt sur le revenu des trois colonnes, rarement le classement. Nous calculons l'impôt sur le revenu sur la rémunération nette : la CSG non déductible et la CRDS le relèvent en réalité de quelques centaines d'euros par an, du même ordre dans les trois statuts. Les taux de cotisations sont des ordres de grandeur : vérifiez-les pour votre situation sur le simulateur de l'Urssaf, mon-entreprise.urssaf.fr, puis reportez-les dans les paramètres avancés. Les cotisations du gérant d'EURL, en particulier, se calculent tranche par tranche, sur une assiette réformée en 2026 : nos 45 % de la rémunération nette en sont une moyenne.
Les simulateurs des sociétés de portage et des cabinets annoncent souvent un revenu « net avant impôt » : c'est notre rémunération nette, avant l'impôt sur le revenu. Ce qu'il vous reste ici est plus bas, puisque l'impôt est déduit.
Nous ne comptons pas non plus les cotisations minimales du gérant d'EURL, environ 1 100 à 1 300 € par an même sans rémunération (retraite de base, invalidité-décès, indemnités journalières) : à très petit résultat, ou avec une grosse part en dividendes, l'EURL coûte un peu plus que notre ticket.
Nous ne comptons pas non plus la micro-entreprise, un régime d'un autre type (voir les questions fréquentes), l'ACRE, la TVA (la même dans les trois statuts), l'option pour le barème de l'impôt sur les dividendes et son abattement de 40 %, l'argent laissé dans la société, les primes d'émission et les comptes courants qui relèvent aussi le seuil de 10 % de l'EURL, la mutuelle et la prévoyance, les régimes des professions réglementées (Cipav), ni l'entreprise individuelle au réel, très proche de l'EURL à l'impôt sur le revenu. Nous ne comptons pas non plus le salaire minimum du salarié porté, fixé par la convention collective du portage salarial : à petit chiffre d'affaires, la colonne portage décrit une situation que la société de portage refuserait. Les montants sont en euros courants, sans hausse du chiffre d'affaires ni des barèmes.
Hypothèses et sources
Questions fréquentes
- Et la micro-entreprise ?
- Elle n'est pas dans le calculateur : c'est un régime d'un autre type. Ses cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires, et non sur un bénéfice : 25,6 % en 2026 pour une activité libérale non réglementée (BNC), plus 0,2 % pour la formation professionnelle. L'impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 34 % du chiffre d'affaires, ou, sous condition de revenu fiscal de référence, par un versement libératoire de 2,2 % du chiffre d'affaires. Le régime est réservé aux chiffres d'affaires d'au plus 83 600 € par an en prestations de services. Avec nos hypothèses, 72 000 € de chiffre d'affaires et 4 000 € de frais, les cotisations prendraient 18 576 € ; il vous resterait environ 47 800 € par an avec le versement libératoire, environ 42 100 € sans : plus qu'en EURL. Mais vos frais réels ne se déduisent pas : les cotisations portent sur tout le chiffre d'affaires, et l'abattement de 34 % ne couvre plus vos frais s'ils le dépassent ; le plafond arrive vite si votre activité grandit. Si vous restez loin du plafond avec peu de frais, regardez-la en premier : le simulateur de l'Urssaf, mon-entreprise.urssaf.fr, donne le chiffre exact.
- Pourquoi la SASU coûte-t-elle plus cher que l'EURL ?
- À cause des cotisations. Le président de SASU est assimilé salarié : sur son salaire, la société paie des cotisations patronales (42 % du brut dans nos hypothèses), et il en retient de salariales (22 % du brut). Rapporté à ce qu'il touche net, cela fait 82 %. Le gérant majoritaire d'EURL, travailleur non salarié, cotise environ 45 % de sa rémunération nette. Avec les mêmes 65 900 € de résultat, il touche 45 448 € nets en EURL et 36 199 € en SASU. L'impôt sur le revenu, plus bas en SASU, ne rattrape pas l'écart : la SASU prélève 6 752 € de plus par an. Ces cotisations ne sont pas perdues : elles ouvrent des droits à la retraite du régime général et de l'Agirc-Arrco. Et les dividendes, qui ne paient pas de cotisations en SASU, resserrent l'écart sans l'inverser : avec nos hypothèses, la SASU ne fait jeu égal avec l'EURL qu'à 80 % du résultat pris en dividendes.
- Le portage salarial vaut-il ses frais ?
- Avec nos hypothèses, la société de portage garde 8 % du chiffre d'affaires, soit 5 760 € par an. Ce n'est pas autant de perdu : ces frais réduisent votre salaire, donc vos cotisations, et chaque point de frais de gestion ne vous coûte qu'environ 280 € par an. En échange, pas d'expert-comptable ni de frais de société, qui coûtent 2 100 € par an en EURL et en SASU. Au total, le portage prélève 2 151 € de plus par an que la SASU avec nos taux ; les allègements de cotisations du salarié porté, que nous ne comptons pas, réduisent cet écart et peuvent l'annuler. Le portage prélève aussi 8 904 € de plus que l'EURL. Ce supplément achète l'assurance chômage, que la société de portage paie sur votre salaire (4 % du brut) et que ni le président de SASU ni le gérant d'EURL n'ont, et une activité sans comptabilité, sans société à créer ni à fermer. Pour une première mission ou une activité incertaine, c'est souvent le prix de la tranquillité. Comparez les frais des sociétés de portage : de 5 à 10 % du chiffre d'affaires selon les offres.
- Faut-il se payer en salaire ou en dividendes ?
- En SASU, 100 € de résultat versés en dividendes paient 15 € d'impôt sur les sociétés, puis la flat tax (prélèvement forfaitaire unique, PFU) de 31,4 % : il vous reste 58,31 €, tous impôts payés. Versés en salaire, ils vous laissent 54,93 € nets, avant l'impôt sur le revenu. Le dividende gagne, mais en SASU il n'ouvre aucun droit : ni retraite, ni indemnités journalières. Avec nos hypothèses, la SASU laisse le plus vers 65 % du résultat en dividendes, 37 624 € par an, encore moins que l'EURL tout en rémunération (40 073 €). En EURL, au-delà de 10 % du capital social, les dividendes du gérant paient ses cotisations, que la société déduit avant l'impôt sur les sociétés, puis 12,8 % d'impôt sur le revenu : sur 100 € de résultat, il en reste 53,61 €, tous impôts payés, contre 68,97 € de rémunération nette avant l'impôt sur le revenu. La rémunération garde l'avantage tant qu'elle est imposée à 11 % ; dans la tranche à 30 %, le dividende prend le dessus. D'où un meilleur dosage vers 30 % de dividendes en EURL, 40 594 € par an, à peine plus que tout en rémunération. Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est de 31,4 % au lieu de 30 % : les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 %. Le calculateur ne compte pas l'option pour le barème de l'impôt sur le revenu, avec son abattement de 40 %.
- Et l'ACRE ?
- L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise exonère une partie des cotisations pendant la première année d'activité. Ses règles ont changé en 2026 : elle n'est plus accordée d'office aux créateurs de société ; elle se demande, et dépend de votre situation. L'exonération est totale jusqu'à 36 045 € de revenu (75 % du plafond annuel de la sécurité sociale 2026 ; retraite complémentaire, CSG et CRDS restent dues), elle diminue ensuite et disparaît à 48 060 €. En micro-entreprise, la réduction de cotisations passe de 50 % à 25 % pour les activités créées à partir du 1er juillet 2026. Le calculateur ne la compte pas : elle ne dure qu'un an, et ses conditions se vérifient sur urssaf.fr. Si vous y avez droit, elle allège la première année de l'EURL et de la SASU, pas celle du portage, où vous êtes salarié.
Détail année par année
| Année | EURL | SASU | Portage | En tête |
|---|---|---|---|---|
| Achat | 0 | 0 | 0 | Égalité |
| Année 1 | 27 927 | 34 679 | 36 830 | EURL |
| Année 2 | 55 853 | 69 358 | 73 661 | EURL |
| Année 3 | 83 780 | 104 037 | 110 491 | EURL |
| Année 4 | 111 707 | 138 716 | 147 322 | EURL |
| Année 5 | 139 634 | 173 395 | 184 152 | EURL |